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« Je n’accepte plus les choses que je ne peux pas changer, je change les choses que je peux pas accepter. » Déclarait la célèbre activiste afro-féministe. Cette phrase résume en quelque sorte la teneur des débats de la deuxième édition du Bokantaj Road. Si le 8 Mars a été consacré journée des femmes, les inégalités faites aux femmes se tiennent du 1er Janvier au 31 Mars et ce depuis des siècles. Ainsi, c’est autour du thème de l’évolution de la place des femmes en Guadeloupe que Bokantaj-Road a poursuivit son avancé vers Petit canal. Le 27 Mars dernier nous étions réunis au restaurant « An kann la ». C’est donc entouré de canne a sucre, douce mais si amère à l’aube de notre histoire, que nous eûmes l’occasion de débattre de cet ERITAJ A FANM FÒ. La seconde édition de notre meet-up kiltirel mensuel fut l’occasion de déconstruire nos mythes et nos réalités : Qu’est-ce qu’une fanm fò ? une fanm Poto Mitan ? Ces termes évoquent le courage, la force, la résilience et l’importance des femmes Guadeloupéennes pour nombre d’entre nous mais que signifient-ils vraiment ? Comme le disait Nelson Mandela, on ne sait vraiment que l’on est fort que face à l’adversité, alors qu’elles obligations pèsent sur les femmes guadeloupéennes au point quelles soient perçues comme des PotoMitan c’est-à-dire les porteurses de leurs foyers. Cette célébration ne serait-elle pas liée aux inégalités évoquées plus haut… Une fois de plus le Bokantaj Road fut l’occasion de dévoiler un mythe fondateur de notre société. Le débat fut animé par Wendie Zahibo et Samuel Rinaldo qui ont présenté nos intervenantes. Deux des intervenantes initialement prévues n’ont pu être présente le jour de l’évènement mais la réactivité de l’équipe ERITAJ nous a permis d’avoir deux autres intervenantes. Ainsi, le débat fut initié par une question simple mais finalement si complexe : qu’est ce qu’une fanm Fò et pensez-vous en être une ? Nos quatre intervenantes : Milène Paul (Coach & Speaker), Stéphanie Melyon-Reinette (chercheuse et entrepreneure culturelle), Alix Huygues-Beaufond (conseillère municipale) et Betty Fausta (Guadeloupe Tech) nous ont fait des réponses assez similaires. Cette notion connue de tous devient tout de suite beaucoup plus complexe quand il s’agit de se l’appliquer à soi en tant que femmes guadeloupéennes. Ce soir-là nous nous sommes enrichies, devant un public majoritairement féminin, nous avons évoqué l’évolution du rôle des femmes dans la société de façon critique. Les échanges furent denses entre les intervenantes, les modérateurs et les Bokanteuses et Bokanteurs. La notion de PotoMitan a cristallisé de nombreuses interrogations. Si ce mythe traditionnelle a une part de réalité qui s’explique par nos héritages (plus ou moins lointain), il n’en demeure pas moins source de problème. Un foyer peut-il réellement tenir sur un seul poteau ? Selon Mylène Paul, parler de Potomitan, c’est aussitôt évoqué un « Poto Si Kan » c’est-à-dire une structure surchargée et finalement bancale. Pour elle, un collectif a besoin d’au moins deux poto mitan. Ainsi, on voit que parler de la place des femmes dans la société guadeloupéenne conduit a parlé de la société guadeloupéenne dans son ensemble. Comme le disait Angela Davis, le progressisme d’une société se mesure à l’avancement des droits réels des femmes de cette société. Par la suite, Sthéphanie Meylon Reinette insista sur le fait qu’elle ne se sentait pas fanm fò mais plutôt être une fanm lib, libre dans et par ses choix. La liberté est source de responsabilité, faire des choix librement c’est aussi accepter leurs conséquences. Ainsi, la sociologue rappela que la logique de la femme forte, découlant du sexisme demeurant dans notre société impacte, aussi, les hommes de notre société. Une expression résume cet état de fait : « Prèmié nonm aw, sé travay aw », la phrase revint dans de nombreux récits tant pour la critiquer que pour en expliquer les fondements mais finalement une telle logique de femme absolument indépendante n’est-elle pas source de solitude pour nombres d’entre nous ? La question reste ouverte. Betty Fausta insista sur son expérience de femme entrepreneure et anciennement militaire, par son récit elle évoqua les liens entre sexisme et racisme. L’intersectionnalité fut au cœur de notre débat-populaire. Alix huygues Beaufond revint également sur son expérience, ses engagements au sein de la société guadeloupéenne en tant que « citoyenne engagée mais pas politicienne ». Tout au long du débat, la plupart des intervenantes s’accordèrent pour prendre leur distance avec les deux notions précédentes. Mais une dernière posa question : #BossLady. En effet, on peut se demander si cet hashtag anglo-américain célébrant, à juste titre, l’empowerment des femmes entrepreneurs, indépendantes, puissantes ne serait pas la réincarnation version GAFA de notre bon vieux Fanm Fò. A ce sujet la salle fut partagée. Certaines intervenant-e-s témoignèrent des limites de cet empowerment parfois isolateur quand d’autres en célébrèrent l’existence comme une source de courage face aux difficultés de la vie. Le second Bokantaj-Road fut un vrai moment de partage et se conclut autour de quelques collations concoctées au bar An Kann La. Nous tenions à remercier toutes nots intervenantes pour l’intérêt qu’elles ont porté au débat. Notre itinéraire se poursuit vers Petit-Canal, soyez présent pour le prochain Bokantaj Road.

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